Après l'argenterie, le "silverplate" ...
voici un autre métal que l'on retrouvait
aussi dans les arts de la table :
l'étain.
Non, l'étain n'est pas que les pichets breugheliens...
Il peut aussi avoir des airs de noblesse!
 |
| Théière en étain avec poignée en bois (vendue). |
L'étain est un métal malléable, inaltérable à l'air
et résistant à la corrosion de nombreux produits chimique.
Son point de fusion, très bas, permet d'obtenir des objets finement travaillés à des coûts peu élevé, comparé à l'argent.
C'est au Moyen-Âge et la Renaissance
qu'il apparaît sur les tables :
assiettes, aiguières se multiplient,
ainsi que les ustensiles de mesure et les objets religieux.
 |
| Étude pour un bénitier et son goupillon. |
C'est la découverte de mines d'argent et d'or
en Amérique du Sud qui va reléguer ce métal au second plan.
Pourtant au XVIIè siècle, écuelles, timbales
et les bols à bouillon individuels étaient en étain.
Mazarin "invente" une assiette légèrement creuse,
mais à l'aile large et plate,
dite "à la Cardinal" ou "à la Mazarin".
L'âge d'or de l'étain durera quelques dizaines d'années,
d'autant que les ordonnances de fonte de Louis XIV
(1689 et 1709, pour financer ses guerres)
le remettent en faveur sur les tables de l'aristocratie.
En 1701, un édit promulgué par le roi protège
la production française en interdisant les importations.
On y retrouvera quasi les mêmes pièces faites en argenterie,
dont il imite le style.
Au XVIIIè siècle, la concurrence de la faïence et de la porcelaine cantonnera l'étain dans des objets usuels
et les relègue à la cuisine ou à la campagne.
Mais à bien chercher,
on peut encore trouver de très beaux objets dans ce métal,
de quoi faire jalouser l'argenterie
car l'étain, au moins, est plus facile à entretenir
et son oxydation est quasi imperceptible...
 |
| Présentoir trilobé Art Nouveau (vendu). |
L'entretien de l'étain: